La BD malgache invitée à Paris

Pour son édition 2020, le SoBD a l’honneur et le grand plaisir d’accueillir Madagascar, premier pays africain à présenter sa bande dessinée au public parisien. Comme dans de nombreux pays, la bande dessinée fait partie du paysage culturel de la Grande Île. Elle y a connu un âge d’or, elle compte plusieurs générations successives d’artistes, elle dispose d’une production locale et s’exporte ailleurs sur la planète.

L’histoire de la bande dessinée malgache, ses artistes et ses œuvres marquantes : le Cycle étranger, qui consacrera comme cela est de coutume ses quatre tables rondes à la bande dessinée du pays invité, offrira aux amateurs  de bande dessinée de découvrir une facette du 9e art trop peu connu en France. On pourra y entendre les artistes malgaches invités, tandis que leurs œuvres seront visibles dans l’exposition Bande dessinée malgache contemporaine. Tenu par l’éditeur réunionais Des Bulles dans l’Océan, le stand malgache permettra de découvrir et d’acquérir les ouvrages des artistes présents, mais pas seulement.

Catmouse James, artiste malgache

Dinah Rajemison Ramanoara a toujours voulu être astronaute, ou dessinatrice de bande dessinée. Elle sera graphiste et illustratrice, connue sous le pseudonyme de Catmouse James. Dessinant depuis son enfance, attachée à ses origines du centre de la Grande Île, elle participe en 2016 à l’album collectif Ho avy an-tsary / Un avenir dessiné, aux côtés notamment de Dwa. Après cette première expérience, elle s’associe au scénariste Rolling Pen, également malgache, pour produire le premier volet de Ary, Les yeux d’Isalo. Pour cette artiste, la bande dessinée permet d’aborder des sujets sensibles, qu’il est plus aisé de transmettre par une forme visuelle. Travaillant aujourd’hui principalement pour un jeune lectorat, elle n’exclut pas d’aborder à l’avenir des thématiques plus sombre.

Catmouse JamesDessinatrice malgache

Dwa, artiste malgache

Eric Andriantsialonina se passionne pour le dessin et l’univers des bandes dessinées depuis son enfance, mais son aventure professionnelle de dessinateur et scénariste ne débute qu’en 2011 après avoir abandonné son poste au Ministère des Finances pour suivre son rêve à plein temps. La même année, sous le nom d’artiste de Dwa, il publie avec Pov son premier album en Europe : Méga-complots à Tananarive aux éditions réunionnaises Des Bulles dans l’océan. Dès lors, il travaille avec des journaux, des associations, des magazines, pour la radio et le cinéma. En 2015, il se lance dans le dessin in situ, dessin d’observation réalisé en situation qui prend notamment la forme de carnets de croquis et de voyages. Une pratique qui le mène à la création de l’album Back to Al Bak publié en 2018 par Des bulles dans l’océan. Ce récit autobiographique dans lequel l’auteur évoque son retour dans son village natal, 27 ans après l’avoir quitté, est suivi de Un Gasy à Paris, attendu chez le même éditeur pour septembre 2020, où l’artiste malgache raconte son périple en Europe, passant par la capitale française, mais aussi Bruxelles et Angoulême. Dwa a également scénarisé plusieurs autres albums pour ses compatriotes.

DwaAuteur malgache

Liva, dessinateur malgache

Né en 1971 à Madagascar, Liva Rajaobelina, dessine depuis son tout jeune âge. Mais c’est à compter de la fin de années quatre-vingt-dix qu’il adopte l’usage du stylo bille, qui, associé au travail à la lame de rasoir, fera sa notoriété. Si le stylo bille offre un trait de grande beauté, sa conservation n’est pas assurée, la lumière pouvant l’altérer très rapidement. Liva est donc revenu au dessin à l’encre de Chine, mais en lui associant un papier antemoro traité, un support élaboré à partir de fibres végétales extraites de l’écorce de l’arbuste avoha et travaillé traditionnellement dans le Sud-Est de la Grande Île. Dirigeant une petite école d’art à Madagascar, Liva Rajaobelina a été repéré en 1999 par Jean-Luc Schneider. C’est donc aux éditions Des Bulles dans l’Océan qu’il publie en 2017 son premier album, La Réunion Kely, sur un scénario de son compatriote Dwa.

LivaDessinateur malgache

Ndrematoa, artiste malgacheNé en 1956 à Madagascar, Dieudonné Rakotonomenjanahary est un autodidacte du dessin, qui le pratique depuis toujours. Employé de 1987 à 2019 à l’Institut français de Tananarive, il débute comme sérigraphe dans un atelier de la capitale. Mais c’est sous le pseudonyme de Ndrematoa qu’il se fait connaître dans la bande dessinée malgache, commençant sa carrière en 1982 avec des éditions Horaka et Eh ! pour lesquelles il dessine diverses séries et participe à plusieurs revues dont Za…! , notamment avec le récit court « Takalom-patsa », sur un scénario de Rapé. Il participe également à plusieurs collectifs, dont P’tit Luc présente : Les Africains dessinent l’Afrique publié par Albin Michel en 2005. Ndrematoa compte aussi plusieurs albums à son nom : Citron, édité par le Centre culturel Albert Camus en 2005 et Vendetta paru chez Tsipika en 2008. Deux récits regroupés en un seul volume en 2013 dans la collection « L’Harmattan BD » sous le titre Tana blues. Cette année, la maison réunionnaise Des Bulles dans l’Océan vient de faire paraître son nouveau titre : La porte du sud sur un scénario de Johary Ravaloson. Alternant les dessins tout en courbes avec des scènes structurées par des droites, évoluant dans des scènes tantôt lumineuses, tantôt plongée dans l’encre, Ndrematoa est un artiste qui affectionne la saturation du dessin, imposant à son lecteur une observation attentive : les beautés se méritent.

NdrematoaArtiste malgache

Pov, dessinateur malgache

William Rasoanaivo dit Pov est un dessinateur et scénariste malgache né en 1975 à Antananarivo. Il commence à publier ses dessins dans le journal Ilampy en 1995 puis travaille au quotidien Midi Madagasikara. En parallèle à ses caricatures, il écrit des articles, fait de la communication publicitaire et se lance dans le dessin-animé avant d’obtenir en 2003 le Prix RFI-Reporters sans Frontière pour ses dessins de presse. Installé à l’Île Maurice depuis 2006, Pov est le caricaturiste vedette du journal L’Express après avoir travaillé pour L’Express de Madagascar. Il compte plusieurs recueils de dessins de presse à son actif, dont En voie de développement publié en 2004 aux éditions Midi Madagasikara. En matière de bandes dessinées, il fait paraître en 2008 son premier album individuel, L’Ile Maurice racontée à mes petits enfants aux Éditions Le Printemps, livre qui rencontre un réel succès public sur l’île. Il sera suivi l’année suivante de Soa ny fiarahantsiky, un recueil de strips humoristiques. En 2010, il participe au collectif Visions d’Afrique publié par L’Harmattan pour lequel il adapte, sur un scénario de Christophe Ngalle Edimo, un extrait de Terre d’ébène d’Albert Londres. En 2011, il réalise Mégacomplots à Tananarive, en collaboration avec Dwa, un album de 60 pages édité par la maison Des bulles dans l’océan. Le duo produira d’autres titres chez le même éditeur, le dernier en date étant Dictature à Brickaville paru cette année.

PovDessinateur malgache

Conservateur général des bibliothèques, Christophe Cassiau-Haurie est chargé de mission à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg. Spécialiste reconnu en matière de bande dessinée d’Afrique, de l’océan Indien et de l’Outre-mer Français, il est l’auteur de huit ouvrages et de près de trois cent articles sur le sujet. Directeur de la collection L’Harmattan BD, collection spécialisée en bande dessinée d’auteurs africains qu’il a créée en 2010, il a également été commissaire de plusieurs expositions dans plusieurs pays. Il est aussi scénariste et écrivain pour enfants. Son dernier album, Les dogues noirs, est sorti en février 2020.

Christophe Cassiau-HaurieConservateur, spécialiste de la BD africaine.

Retrouvez les autres facettes de la présence malgache sur le SoBD 2020 :

Quelques livres en provenance de Madagascar

On trouvera ci-dessous quelques couvertures des ouvrages des auteurs qui participe cette année au SoBD à l’occasion de la présence malgache.

La présence malgache sur le SoBD 2020 est assurée en partenariat avec

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et de l’association

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